Participe passé de rejoindre : accordez-vous vraiment correctement ?

Le participe passé de rejoindre est rejoint. Cette forme, issue d’un verbe du troisième groupe conjugué avec l’auxiliaire avoir, pose régulièrement des problèmes d’accord. La difficulté ne vient pas de la forme elle-même, mais de sa variation selon la place du complément d’objet direct dans la phrase.

Rejoindre : un verbe du troisième groupe au participe irrégulier

Rejoindre appartient à la famille des verbes en -oindre (joindre, adjoindre, disjoindre). Ces verbes partagent une conjugaison identique et un participe passé formé sur le radical -oint : joint, adjoint, disjoint, rejoint.

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La terminaison en -oint distingue ce groupe des verbes en -indre (peindre, craindre) dont le participe se termine en -int ou -aint. Confondre les deux familles est une erreur fréquente. On écrit « rejoint » et non « rejoint » avec un -int.

Au féminin, le participe prend un -e : rejointe. Au pluriel : rejoints, rejointes. Ces formes n’apparaissent que lorsque l’accord est déclenché, ce qui dépend de l’auxiliaire utilisé et de la construction de la phrase.

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Accord du participe passé de rejoindre avec l’auxiliaire avoir

Rejoindre se conjugue aux temps composés avec avoir. La règle d’accord repose sur la position du COD par rapport au participe.

Professeur de français expliquant l'accord du participe passé du verbe rejoindre devant un tableau blanc en classe

Quand le COD est placé après le verbe, le participe reste invariable. « Elle a rejoint ses collègues » : rejoint ne s’accorde pas, car « ses collègues » arrive après.

Quand le COD est placé avant le verbe, le participe s’accorde en genre et en nombre avec ce COD. Trois constructions provoquent cette antéposition :

  • Un pronom COD : « Je les ai rejoints à la gare. » Le pronom « les » (masculin pluriel) précède le participe, qui prend un -s.
  • Le pronom relatif « que » : « L’équipe que Marie a rejointe travaille le soir. » Le COD « que » reprend « l’équipe » (féminin singulier), d’où rejointe.
  • Une question avec « quel » : « Quelle association avez-vous rejointe ? » Le COD « quelle association » (féminin singulier) est antéposé.

Pour identifier le COD, la méthode classique fonctionne : poser la question « qui ? » ou « quoi ? » après le verbe. « Elle a rejoint qui ? Ses collègues. » Le COD est trouvé, il reste à vérifier sa position.

Participe passé de se rejoindre : le piège pronominal

Le verbe se rejoindre, à la forme pronominale, suit des règles d’accord que les tableaux de conjugaison n’expliquent presque jamais. C’est le terrain où la majorité des erreurs se concentrent.

Se rejoindre est un verbe pronominal réciproque : le pronom « se » représente un COD (chacun rejoint l’autre). Dans ce cas, le participe s’accorde avec le sujet.

« Elles se sont rejointes au café. » Le pronom « se » est COD, placé avant le participe. L’accord se fait avec le sujet « elles » : rejointes, féminin pluriel.

« Ils se sont rejoints sur ce point. » Même logique : « se » est COD, le sujet « ils » est masculin pluriel, on écrit rejoints.

La difficulté augmente si le verbe pronominal a un COD explicite après lui. Dans ce cas, « se » devient COI et le participe ne s’accorde pas. Avec rejoindre, cette configuration est rare, car le verbe pronominal réciproque implique presque toujours que « se » est COD. Garder ce réflexe suffit pour la grande majorité des phrases.

Accord du participe passé avec être : la règle directe

À la voix passive, rejoindre utilise l’auxiliaire être. Le participe s’accorde alors systématiquement avec le sujet.

« La réunion est rejointe par deux nouveaux membres. » Rejointe s’accorde avec « la réunion », féminin singulier. « Les groupes ont été rejoints par des bénévoles. » Rejoints, masculin pluriel.

Cette règle ne comporte aucune exception. Dès que être précède le participe passé (hors forme pronominale), l’accord avec le sujet est automatique.

Jeune homme étudiant la grammaire française entouré de livres dans une bibliothèque universitaire, révisant l'accord du participe passé

Méthode rapide pour accorder rejoint sans hésiter

Trois questions suffisent pour trancher dans tous les cas, quelle que soit la phrase :

  • Quel auxiliaire ? Si c’est être (voix passive), accorder avec le sujet. Terminé.
  • Si c’est avoir : le COD est-il placé avant le participe ? Non : rejoint reste invariable. Oui : accorder rejoint avec le COD (genre et nombre).
  • Forme pronominale (se rejoindre) : identifier si « se » est COD ou COI. Pour se rejoindre, « se » est presque toujours COD, donc accorder avec le sujet.

Cette méthode fonctionne aussi pour les autres verbes en -oindre (adjoint, disjoint, conjoint). Le mécanisme d’accord est identique.

Exemples récapitulatifs en contexte

Phrase Accord Explication
Elle a rejoint l’association. rejoint (invariable) COD après le verbe
L’association qu’elle a rejointe. rejointe COD « que » (féminin) avant le verbe
Ils les ont rejoints hier. rejoints Pronom COD « les » (masculin pluriel) avant
Elles se sont rejointes. rejointes Pronominal réciproque, « se » = COD
La route est rejointe par un sentier. rejointe Voix passive, accord avec le sujet

Norme scolaire et débat sur la simplification de l’accord

Plusieurs grammairiens et vulgarisateurs francophones proposent de rendre le participe passé invariable avec avoir, quelle que soit la position du COD. L’objectif : supprimer une règle que beaucoup considèrent comme une source d’erreurs disproportionnée par rapport à son utilité communicative.

Cette proposition n’a pas de valeur officielle. Dans le cadre scolaire, la règle traditionnelle reste celle qui est enseignée et évaluée. Écrire « les amies qu’il a rejoint » au lieu de « rejointes » constitue une faute sanctionnée.

Pour les rédacteurs professionnels, le choix est clair : appliquer la règle classique. Un texte publié avec un accord manquant sera perçu comme une erreur, pas comme une prise de position linguistique.

La forme rejoint ne pose pas de difficulté en elle-même. C’est l’accord qui piège, et l’accord dépend d’un seul réflexe : repérer le COD et vérifier s’il précède le participe. Une fois ce mécanisme acquis, les verbes en -oindre ne posent plus de problème particulier.

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